L'illusion du progrès
La course au progrès – qui se mesure au nombre d'usines, de supermarchés, de kilomètres d'autoroutes et d'affiches publicitaires qui défigurent un pays – est censée nous offrir les conditions matérielles nécessaires à notre bonheur. Cette course ne répond pourtant que rarement à des besoins réels. Elle fabrique plutôt de nouveaux désirs, encourageant ainsi « un instinct de possession dérisoire et destructeur ». La recherche du bonheur, bien naturelle, s'est transformée en poursuite toujours plus impatiente et avide de biens matériels : une quête cependant vouée à l'échec, puisque le désir de posséder, une fois assouvi, doit sans cesse trouver un nouvel objet. Travail, argent, consommation, accumulation, insatisfaction… Pendant que nous nous affairons à combler notre insatiable appétit, la vie et la beauté qui nous entourent, qui donnent un sens à notre existence et la rendent possible, disparaissent.
