Au secours des fleuves et océans

Révolté par « la disparition de l'eau créatrice, la manière scandaleuse dont on la pollue partout dans le monde », Frédéric Back s'engage dès 1970 à dénoncer la dilapidation et l'empoisonnement dont elle est l'objet. Au Québec, avec la Société pour vaincre la pollution, aux côtés de Gilles Vigneault, il s'oppose à la construction du barrage de la Baie-James. Par la suite, il défend les mammifères marins accusés à tort du déclin des populations de morues et participe à un programme d'adoption de bélugas pour financer l'observation de cette espèce marine frappée par la pollution. Antarès, le béluga femelle qu'il adopte, meurt deux ans plus tard, atteinte d'un cancer. En 1988, porté par l'impact inespéré du message de L'homme qui plantait des arbres, Frédéric Back plonge à nouveau dans une mer de dessins pour émerger cinq ans plus tard avec Le fleuve aux grandes eaux. Le film retrace l'histoire du fleuve Saint-Laurent pour « mettre en évidence sa splendeur, comme la dimension de l'exploitation insensée dont il a été victime ». C'est à la fois un cri de détresse et un message d'espoir : devant « le drame universel de l'eau », chacun de nous a le pouvoir de cesser le gaspillage, de poser des gestes concrets pour voir renaître les flots providentiels.