Pour une agriculture durable

Les artisans agricoles, qui entretenaient un rapport direct à la terre depuis des générations, n'ont pas échappé à la course au Progrès. « Les politiques agricoles d'aujourd'hui, menées par des stratégies économiques douteuses, ont éliminé la plupart des fermes familiales autosuffisantes qui autrefois donnaient vie aux campagnes et aux villages ruraux. » Les artisans agricoles, prisonniers des lois du marché, « sont devenus des hommes d'affaires, s'endettant, devant produire toujours plus, avec toujours moins de main-d'œuvre, à des prix minimums pour des marchés d'exportation imprévisibles ».

« Dans le monde entier, des étendues sans fin ont été transformées en monocultures d'où tout arbre a été éliminé pour laisser place aux grandes et lourdes machines. » Pour continuer de prendre à la terre sans lui donner de repos, on lui injecte toutes sortes de poisons. Les sols, épuisés par la cadence des moissons, sont saturés d'engrais chimiques. Les variétés cultivées, fragiles par leur manque de diversité, sont inondées d'herbicides et de pesticides. Les semences génétiquement modifiées contraignent maintenant les agriculteurs à adopter ces pratiques qui détruisent les espaces naturels, condamnent la vie sauvage et menacent notre santé. Devant ces terres mutilées par l'exploitation, Frédéric Back se demande, inquiet, comment les générations de demain pourront se nourrir et trouver un sens à leur vie face à « ces grands espaces silencieux, sans un signe de vie, sans le chant d'un oiseau, rien ».