Pour une agriculture durable

La mécanisation de la production agricole n'a pas épargné l'élevage des animaux devenu une industrie où seules productivité et rentabilité comptent. Chaque année, au Canada seulement, « des millions de veaux, de porcs, de poules sont mis au monde et enfermés dans des usines à chair, engraissés de force, bourrés d'hormones de croissance et d'antibiotiques avant d'être transportés et abattus sans égard. » Les épidémies, conséquences directes de ces méthodes inhumaines, causent la mort inutile de milliers d'entre eux. Avec la production de masse, la viande, rare autrefois, est devenue une banalité, et les souffrances animales que sa consommation suscite, une lointaine réalité dont on se détourne.

Dès les années 1970, Frédéric Back dénonce le gaspillage, la pollution et la violence inacceptables de l'élevage intensif, d'abord avec la Société pour vaincre la pollution puis avec la Société québécoise pour la défense des animaux. En 1979, son film Tout-rien lance un appel de réconciliation entre les humains et le monde animal. Huit ans plus tard, en 1987, sa révolte face au maintien des violences le pousse à concevoir le scénario tragique de Noé 2000. Le projet de film d'animation, « trop proche d'une sombre réalité », ne verra jamais le jour, mais Frédéric Back reste fidèle à son combat. En écrivant aux journaux, en dessinant des affiches et en illustrant des livres, il continue de lutter pour un traitement éthique des espèces animales domestiquées.