Une voix pour Giono, Philippe Noiret
Comme au cinéma l'accent des Québécois est très critiqué en France, nous cherchons une voix bien française qui ne crée pas d'obstacles pour la diffusion du film. L'unanimité se fait autour de Philippe Noiret. Après bien des démarches, grâce à Jean-Marie Dugas, Directeur de Radio-Canada à Paris, il finit par accepter. Je vais à Paris lui présenter les images dans un montage provisoire. Sans plus de préparation, il se met à lire le texte mais sans émotion, sans nuances. Je lui demande de recommencer en lui faisant valoir le besoin de conviction et d'émotion à donner au récit. Le résultat n'est guère meilleur. La déception est partagée au retour et je suis catastrophé. Mais Hubert ne se décourage pas. Il fait écrire le texte sur une bande qui défile sous les images en synchronisation. Il organise un nouveau voyage et un nouvel enregistrement très professionnel dans un studio des Champs-Elysées. Nous annotons tout le texte de commentaires pour aider Monsieur Noiret à saisir la portée universelle de l'histoire et à la rendre avec toute l'âme qu'on lui connaît. Finalement après une répétition et un bon déjeuner, Monsieur Noiret se laisse aller à l'émotion et nous donne les beaux passages que vous connaissez.

