L'HOMME QUI PLANTAIT DES ARBRES

Vidéo

Frédéric Back explique à un enfant
comment il a fabriqué son film.

Crédit: Radio-Canada, Actuel, couleur, 00:40

Fiche technique

Court métrage d'animation avec narration
Année de production : 1987
Durée du film : 30 minutes
Durée de production : 5 ans
Nombre de dessins : 20 000
Assistance : Lina Gagnon (3 000 dessins d'intervalle)
Technique : Crayons Prismacolor sur acétates dépolis, fonds au pastel, vernis

La majorité des plans se succèdent au montage en fondus enchaînés et mix successifs faits de passes multiples parce que le flot du récit ne permet pas de coupes. « J'ai utilisé des crayons à la cire sur l'acétate dépoli, ce qui permet de travailler à plusieurs niveaux les transparences. J'ai dû recommencer une grande partie au début parce que je voulais avoir une image plus riche au niveau de la matière et plus douce aussi. J'avais essayé des encres qui venaient en transparence par dessus l'image, mais n'ayant pas obtenu les résultats souhaités, j'ai dû abandonner ces ajouts. Le plus important était de créer une progression dans un récit où celle-ci est presque imperceptible. C'est comme regarder un arbre pousser, ça ne se remarque pas trop, mais à la fin…" »
F. Back

Ce film est un projet exceptionnel ne serait-ce que parce que c'est la première fois qu'un texte littéraire lu par un comédien est transposé en film d'animation. Frédéric Back entreprend d'abord un voyage à Paris, chez Gallimard et en Provence pour des démarches auprès des filles de Jean Giono afin de libérer les droits sur le texte. Il en profite pour se documenter sur les paysages et l'architecture des lieux. Il faudra encore par la suite convaincre Philippe Noiret, le narrateur choisi et trouver dans l'agenda chargé de l'acteur le moment d'enregistrer le texte. Le cinéaste mettra cinq longues années d'un travail acharné sur ses dessins qu'il doit souvent travailler à la loupe! Tout ça sans parler des traitements médicaux, greffes et autres soins douloureux qui n'arriveront pas à sauver un œil blessé lors de l'application d'un vernis sur un dessin du film Crac!.

Le sujet de ce film incite Frédéric Back à s'en tenir à un dessin très sobre ne s'imposant pas par une animation trop prédominante afin que les gens prêtent attention au texte. "Plus on anime, moins on entend, car il y a toujours conflit entre l'œil et l'oreille" de dire le cinéaste. Et puisque la plupart des spectateurs ne verront le film qu'une fois, il essaie de se référer à des images connues et aimées. Au début du film, c'est à Bruegel et Goya qu'il fait allusion et, à mesure que la végétation revient, il évoque la peinture des Impressionnistes. Certains verront enfin un rappel de Léonard De Vinci dans les traits du personnage à la fin de sa vie.

Générique

Un récit de Jean Giono dit par Philippe Noiret
Scénario et dessins : Frédéric Back
Assistante : Lina Gagnon
Trame sonore et musique originale : Normand Roger avec la collaboration de Denis L. Chartrand
Prise de son : Hervé J. Bibeau
Mixage : Michel Descombes, André Gagnon
Caméra d'animation : Claude Lapierre, Jean Robillard
Montage : Norbert Pickering
Contrôle de la qualité : Léo Faucher
Producteur Délégué : Hubert Tison
Réalisateur : Frédéric Back
Production : Société Radio-Canada, 1987