Taratata
La foule applaudit les chars allégoriques illustrant l'évolution de la société.
La petite histoire
Cinquième film d'animation de Frédéric Back produit dans les cadre des échanges avec l'Union européenne de radiodiffusion, Taratata la parade est basé sur l'histoire du Québec mais concerne tous les pays où ces manifestations patriotiques ont cours. Ce film rappelle les défilés traditionnels de la Saint-Jean-Baptiste, fête nationale du Québec.
La genèse de ce film remonte à 1956 alors que Frédéric Back illustre la pièce Fête et parade, une oeuvre du compositeur québécois Michel Perreault diffusée dans une des émissions de télévision L'Heure du concert. Cette musique devant être diffusée la veille de la Saint-Jean-Baptiste et le style s'y prêtant, le réalisateur Pierre Mercure propose à l'illustrateur de faire référence à la parade de la Saint-Jean-Baptiste dans laquelle défilent des fanfares interprétant des musiques militaires et des corps de majorettes.
Le spectateur québécois reconnaîtra plusieurs références à ces aux anciens défilés où on célébrait l'histoire des Québécois, des premiers colons aux promoteurs d'un progrès faisant table rase du passé. Les dessins fourmillent de petits détails piquants : de la Gendarmerie royale du Canada ouvrant la parade (!) aux bonnes dames de Sainte-Anne défilant en formation militaire, des caméras de la société Radio-Canada braquées sur les dignitaires jusqu'aux multiples drapeaux et fanions recomposant ensemble le drapeau américain. Tous ces clins d'œil à saveur bien locale enrichissent un thème universel. Et l'œil attentif verra, dans les premières images, une chaise berçante qui allait connaître la gloire...
Synopsis
C'est jour de fête ! La ville se pare de drapeaux et de fleurs… Le défilé commence. Devant la tribune des personnages officiels paradent les cavaliers, suivis de fanfares et de chars allégoriques qui évoquent le passé glorieux et un avenir voué au progrès. Un petit garçon cherche sans succès à voir cette parade dont il entend les échos.
Chassé par un policier, il s'enfuit ; quand il revient, tout est fini. Dans la rue vide, assis à côté de son chien, il balance machinalement un petit drapeau brisé qu'il a ramassé. Miracle ! La musique renaît et son imaginaire d'enfant recrée une parade fantaisiste qui dépasse l'attrait du premier défilé.
Le message
À travers ce défilé à saveur patriotique, l'artiste engagé lance quelques flèches aux progrès technologiques irrespectueux de la faune et de la flore. « Je voulais aussi faire un parallèle entre cette puissance industrielle sur laquelle on met tant d'emphase et la richesse de la nature qui bat en retraite, opposer la prétention des adultes à la poésie que peut imaginer un enfant pour une parade de tendresse et d'hommage à la création. » F.B.