Des « cartes de visites » appréciables

Pendant 14 ans, le Studio d'animation de la Société Radio-Canada va contribuer de façon majeure au programme d'échange fait avec l'Union européenne. C'est dans ce contexte que Frédéric Back réalise sept de ses films en alternance avec ses collègues Graeme Ross, Paul Driessen et Mino Bonan; leurs films remportent des prix internationaux. « À Radio-Canada, les directeurs appréciaient nos films, surtout Laurier Hébert, aux Relations internationales qui nous a toujours appuyés. Les réalisations de la section d'animation ont bien souvent servi de cartes de visite; on donnait de nos films d'animations à des compagnies de télévision qui s'intéressaient en retour aux autres émissions produites à Radio-Canada. Grâce à ce service des Relations internationales, nos films sont allés dans les festivals et ont ensuite été vendus dans le monde entier au bénéfice de la Société Radio-Canada. »
F.B.

En 1989, sous le prétexte de l'arrivée de l'informatique, la Société Radio-Canada décidait de fermer le Service d'animation.

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[illustration] Caricature de Frédéric Back sur la fermeture du studio d'animation de la Société Radio-Canada.

In memoriam

« Le studio d'animation de Radio-Canada a produit près de mille films, présentations d'émissions, séquences animées, vingt courts métrages et acquis une réputation internationale couronnée de plus de cent prix et de deux Oscars® . Pour son dynamisme, son exigence de la qualité visuelle et technique, Hubert Tison a été un producteur exceptionnel, intervenant à tous les stades complexes des réalisations. Malgré ces succès, le studio a été éliminé dès 1989 et les animateurs mis à la retraite ou affectés à d'autres fonctions. Grâce aux Oscars®, j'ai obtenu de faire malgré tout Le fleuve aux grandes eaux. Hubert Tison a accepté d'en être le producteur malgré ses nouvelles affectations. Nous espérions que la Société Radio-Canada reviendrait sur sa décision et resterait par la suite le modèle international en animation qu'elle était devenue. Néanmoins Le fleuve aux grandes eaux a mis un point final à ce fol espoir. »

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[illustration] Caricature de Frédéric Back représentant Boris Volkof qui était en charge de la publication interne de Radio-Canada.

Des films porteurs de messages

« Les représentants des émissions jeunesse de la Société Radio-Canada, dont Robert Roy en particulier, m'ont permis de faire des films porteurs de messages. Le jeune public est de plus en plus exposé à la publicité, aux tentations, à l'exploitation. Je trouvais qu'il était important de l'informer, de le rendre critique, si possible, par ces médias puissants que sont le dessin animé et la télévision. Pour moi, comme pour Hubert Tison, la qualité du scénario, la valeur du message sont les éléments les plus importants du film. À la base il y a un idéal, les qualités artistiques et techniques ne servent qu'à l'enrichir, à le porter plus haut. »

« Les problèmes environnementaux sont des problèmes universels qui ont été longtemps étouffés par tous les profiteurs sous la notion factice de 'progrès'. Donc il n'est pas étonnant que mes films aient un caractère qui touche, sur toute la surface du globe, les gens luttant pour sensibiliser leurs semblables à un immense travail pour sauver la planète d'un empoisonnement suicidaire, d'une surpopulation anarchique ou d'une destruction instantanée par le nucléaire. Les lois seront inefficaces si les esprits ne sont pas convaincus de la nécessité d'une attitude plus altruiste, plus généreuse, qui seule peut engendrer le bonheur « dans le meilleur des mondes possibles ». L'artiste engagé en moi se sent à la fois faible devant ces problèmes et réconforté par toutes les actions que nos films ont déclenchées et les motivations qu'ils ont communiquées. »

« À mon avis cela illustre à la fois le pouvoir des médias, de l'art et la responsabilité illimitée, imprévisible dont disposent les cinéastes, les journalistes et les réalisateurs de films d'animation. Il y a une éthique que trop de personnes influentes rejettent sous prétexte de création artistique ou de liberté d'expression. Je reste persuadé que tout créateur a une responsabilité en regard du destin du monde et de la façon dont l'humanité se comporte. »
F.B.