Une allégorie de la possession

Robert Roy qui dirige la section Jeunesse et accepte en 1977 le projet de Tout-rien pour l'échange international. Le titre du film est inspiré par L'histoire du soldat de Ramuz mise en musique par Stravinsky. Le soldat donne son petit violon au diable en échange d'un livre qui lui procure toutes les richesses ; il constate alors amèrement que de tout avoir, c'est comme n'avoir rien. C'est avec Tout-rien que je mets au point le procédé aux crayons Prismacolor sur acétate dépoli qui permet des nuances de couleur extrêmement riches et une exécution rapide. Les fonds sont traités au pastel et avec des couleurs en aérosols qui créent une texture intéressante. La technique des mouvements caméra s'améliore, mais comme Paul Webster doit faire tous les calculs et mouvements manuellement, je dessine le plus possible les effets de panoramiques et de zooms. Pour arriver à finir à temps, Suzanne Raymond vient aider dans les dernières scènes. Artiste de talent, elle est capable de se mouler au style du film et ses dessins sont identiques aux miens. Normand Roger crée des thèmes musicaux magnifiques, il sait accompagner à la perfection tous les mouvements avec des sons qui accentuent exactement mes intentions comiques ou dramatiques. Je suis subjugué par son travail.

Storyboard de Tout-rien. Crédit : Frédéric Back et Radio-Canada, 1977
Dessin du film Tout-rien. Crédit : Frédéric Back et Radio-Canada, 1978